Les 11 lits brandis par Bachelot étaient-ils vraiment libres ?

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Les 11 lits brandis par Bachelot étaient-ils vraiment libres ?

Message  coal le Mer 31 Déc - 12:29

Au moins trois des 11 places dont parle la ministre n'étaient pas adaptées au cas du patient décédé ou n'existaient pas.


Roselyne Bachelot et l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf)
ne sont pas d’accord. Ce n’est pas la première fois. Mais là, les
parties s’opposent sur le nombre de places en réanimation dans la nuit
de samedi à dimanche en région parisienne, qui auraient pu éviter la mort à un patient.
Zéro place pour l’Amuf, onze selon la ministre, qui a déploré, lors
d'une conférence de presse, un défaut d’organisation. Rue89 a confronté
ces chiffres.


L’Amuf publie un communiqué sur son site, dimanche soir, soit 12 heures
après la mort d'un patient dans une ambulance du Samu faute de place en
réanimation. Le document, intitulé "le point à 20 heures" recense les
places disponibles la veille en région parisienne: zéro, selon
l’association du Dr Patrick Pelloux.

Lundi, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot annonce qu’elle
diligente une enquête de l'Igas sur le décès. Lors d’une conférence de
presse, elle diffuse une liste de onze places disponibles cette nuit-là
dans différents services de réanimation d'Ile-de-France. Pour elle,
l’accueil était possible:

<blockquote>"En temps normal, nous sommes avec une trentaine de lits
disponibles en Ile-de-France, là nous sommes dans une période de
tension mais nous avions onze lits disponibles en région parisienne à
moins de 20 minutes du malade. Il n'y a pas de dysfonctionnement
structurel."
</blockquote>
Comment expliquer cette différence de chiffres? D’abord par la
méthode de comptage. D’après l’Amuf, le ministère de la Santé se serait
basé sur les relevés du Centre régional de veille et d'action sur les
urgences. Ces relevés sont effectués tous les jours, entre 8 heures et
9 heures du matin. Ce qui n’explique pas l’intitulé du document fourni
par le ministère, qui avance que les places mentionnés étaient libres
"dans la nuit du 27 au 28".

<blockquote>"J’ai plutôt tendance à croire l’Amuf, le support est
plus crédible", juge une professionnelle de santé. "Les chiffres du
ministère viennent peut-être de l’ARH (l'Agence régionale de l'hospitalisation, ndlr), mais dans ce cas ils doivent dater de 17 heures environ."
</blockquote>
L’Amuf,
elle, a construit son tableau à partir des déclarations de médecins
urgentistes en poste qui cherchaient des places en réanimation pour
leurs patients. Et qui n’en trouvaient pas.

Nous avons tenté de joindre tous les services de réanimation dans
lesquels, selon la ministre, il restait des places libres susceptibles
d’accueillir le patient décédé. Sur dix hôpitaux, cinq nous ont
répondu.

Catégorique, l’hôpital de Mantes affirme que son service ne comptait
"aucune place jusqu’au lendemain soir", malgré les affirmations de la
ministre. Mais n’a pas voulu développer sur les raisons de sa présence
dans la liste.

"Nous avions bien une place pendant la nuit, mais elle a été prise à
5 heures du matin par un autre malade", explique-t-on à l’hôpital
Saint-Antoine, à Paris:

<blockquote>"Le patient qui est décédé avait besoin d’une
coronarographie, mais notre service de réanimation n’est pas équipé
pour cela. Le patient aurait pu prendre cette place mais dans un
deuxième temps, après cet examen."
</blockquote>
Même réponse à Provins: le service de réanimation ne peut pas
pratiquer de coronarographie. La place disponible ce soir-là n’était
donc pas susceptible de sauver le patient.

A Meaux, le service de réanimation reconnaît qu’il avait un lit dans
la nuit. Mais qu’il n’a pas été contacté pour ce patient, dont la
situation médicale devait être examinée pour décider de l’opportunité
de le transférer dans ce service.

Le centre hospitalier de Versailles, quant à lui, doit encore
vérifier les plannings. Mais une responsable rapporte les propos du
Samu 78, qui aurait amené un patient vers 19 heures, qui aurait occupé
le dernier lit de réanimation.

Après vérification auprès des hôpitaux, nous sommes retournés vers
le service de presse de Roselyne Bachelot. Qui maintient son document,
qualifié de "vérifié". "Nous sommes bien informés. Tous les lits que
nous avons signalés comme disponibles l’étaient."




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