Rachida Dati: la prime qui fait scandale

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Rachida Dati: la prime qui fait scandale

Message  coal le Dim 11 Jan - 17:29

Au ministère de la justice, la culture de l'échine courbée a un
prix: celui d'une confortable augmentation de revenus en fin d'année.
André Ride, l'inspecteur général des services judiciaires de la
chancellerie, qui s'était illustré à l'automne dernier en dédouanant
publiquement Rachida Dati de la manière dont lui et ses services
avaient dû entendre, en pleine nuit, dans l'urgence, et sans respecter
les procédures, plusieurs magistrats mis en cause précipitamment par le
ministère après le suicide d'un détenu à la prison de Metz-Queuleu
(Moselle), vient de se voir accorder une prime exceptionnelle.

La garde des Sceaux a signé mi-décembre un arrêté qui octroie une
prime de 20% du traitement indiciaire annuel – le maximum légal – en
faveur d'André Ride. Le texte, publié au Journal officiel le 31 décembre, jour de réveillon, explique que ce montant est «modulé pour tenir compte des résultats atteints par ce dernier au regard des objectifs préalablement notifiés par le ministre».
Selon des sources internes au ministère de la justice, ulcérées par
l'affaire, cette prime pourrait représenter entre 12.000 et 15.000
euros. De quoi bien commencer 2009. Mais pas de quoi réchauffer les relations entre la ministre et la magistrature.

André Ride est le seul haut magistrat du ministère à profiter cette
année d'une telle prime, parfaitement inhabituelle dans ses
proportions. Les premiers présidents de cour d'appel ou procureurs
généraux n'ont eu droit, eux, qu'à une prime de 9%, le maximum légal
étant de 15%. Un vrai traitement de faveur pour M. Ride puisqu'en 2008,
le cas de l'inspecteur général des services judiciaires (IGSJ) était
indissocié de celui de ces hauts magistrats, selon les termes d'un
arrêté qui leur avait collectivement alloué une prime de 9% (dans un
maximum de 15%). Depuis le 31 décembre, les règles du jeu ont donc
spécifiquement changé pour M. Ride, nommé IGSJ en décembre 2007.

Il faut dire que ce proche de Rachida Dati s'était mis en quatre
pour éviter à la garde des Sceaux d'avoir à endosser la responsabilité
de la gestion catastrophique du suicide d'un mineur à la prison de
Metz-Queuleu à l'automne 2008. Nabil L., 16 ans, s'était pendu le 6
octobre dans sa cellule du quartier des mineurs d'un établissement
pénitentiaire pourtant qualifié de «modèle» quelques mois plus tôt par Rachida Dati.

Le ministère a alors immédiatement diligenté une enquête de
l'inspection des services judiciaires, menée par André Ride dans de
drôles de conditions. Le 8 octobre, plusieurs magistrats ont été
auditionnés en pleine nuit et sévèrement mis en cause sans raison
légitime par les services de la chancellerie, qui se sont finalement
rétractés quelques jours plus tard.

Comment Rachida Dati intimide le monde judiciaire
Rachida Dati face à ses juges
La bronca des magistrats contre Rachida Dati

Au ministère de la justice, la culture de l'échine courbée a un prix:
celui d'une confortable augmentation de revenus en fin d'année. André
Ride, l'inspecteur général des services judiciaires de la chancellerie,
qui s'était illustré à l'automne dernier en dédouanant publiquement
Rachida Dati de la manière dont lui et ses services avaient dû
entendre, en pleine nuit, dans l'urgence, et sans respecter les
procédures, plusieurs magistrats mis en cause précipitamment par le
ministère après le suicide d'un détenu à la prison de Metz-Queuleu
(Moselle), vient de se voir accorder une prime exceptionnelle.


La garde des Sceaux a signé mi-décembre un arrêté qui octroie une
prime de 20% du traitement indiciaire annuel – le maximum légal – en
faveur d'André Ride. Le texte, publié au Journal officiel le 31 décembre, jour de réveillon, explique que ce montant est «modulé pour tenir compte des résultats atteints par ce dernier au regard des objectifs préalablement notifiés par le ministre».
Selon des sources internes au ministère de la justice, ulcérées par
l'affaire, cette prime pourrait représenter entre 12.000 et 15.000
euros. De quoi bien commencer 2009. Mais pas de quoi réchauffer les relations entre la ministre et la magistrature.


André Ride est le seul haut magistrat du ministère à profiter cette
année d'une telle prime, parfaitement inhabituelle dans ses
proportions. Les premiers présidents de cour d'appel ou procureurs
généraux n'ont eu droit, eux, qu'à une prime de 9%, le maximum légal
étant de 15%. Un vrai traitement de faveur pour M. Ride puisqu'en 2008,
le cas de l'inspecteur général des services judiciaires (IGSJ) était
indissocié de celui de ces hauts magistrats, selon les termes d'un
arrêté qui leur avait collectivement alloué une prime de 9% (dans un
maximum de 15%). Depuis le 31 décembre, les règles du jeu ont donc
spécifiquement changé pour M. Ride, nommé IGSJ en décembre 2007.


Il faut dire que ce proche de Rachida Dati s'était mis en quatre
pour éviter à la garde des Sceaux d'avoir à endosser la responsabilité
de la gestion catastrophique du suicide d'un mineur à la prison de
Metz-Queuleu à l'automne 2008. Nabil L., 16 ans, s'était pendu le 6
octobre dans sa cellule du quartier des mineurs d'un établissement
pénitentiaire pourtant qualifié de «modèle» quelques mois plus tôt par Rachida Dati.


Le ministère a alors immédiatement diligenté une enquête d
l'inspection des services judiciaires, menée par André Ride dans de
drôles de conditions. Le 8 octobre, plusieurs magistrats ont été
auditionnés en pleine nuit et sévèrement mis en cause sans raison
légitime par les services de la chancellerie, qui se sont finalement
rétractés quelques jours plus tard.


«C'est une honte et une nouvelle provocation»



Les conditions de cette enquête interne pour le moins insolite, dans le
fond et dans la forme, avaient suscité un tollé considérable au sein de
la magistrature, qui a alors dénoncé une «opération d'intimidation» pour «mettre les juges au pas».
Et face à l'ampleur de la polémique, André Ride, qui est pourtant sous
l'autorité hiérarchique de la ministre, a dû avaler son chapeau. Le 16
octobre, la chancellerie a ainsi publié un communiqué dans lequel
l'inspecteur général (photo ci-contre) disait assumer «seul la responsabilité» des conditions de son enquête.

Ecrit à la troisième personne, le texte – qui n'est plus disponible sur le site du ministère – disait: «Surpris
et ému de la façon dont la presse a relaté son inspection à Metz,
[André Ride] tient à préciser que s'il est exact que la ministre de la
justice lui a ordonné de procéder à une inspection, la garde des
sceaux, pour autant, ne lui a jamais fixé les modalités dans lesquelles
cette inspection devait intervenir.»

Et d'insister: «Il tient à faire savoir qu'il regrette la
précipitation dans laquelle il a pu agir. Il souhaite que les
magistrats entendus par ses services comprennent sa hâte alors même
qu'il n'avait pas l'intention de les mettre en accusation dans une
situation particulièrement inconfortable [...] La garde des sceaux ne
peut être mise en cause quant aux modalités de cette inspection.» Un exercice d'auto-flagellation qui touche au sublime.

Dans un rapport rendu en novembre, le Conseil supérieur de la
magistrature (CSM), devant lequel André Ride a d'ailleurs refusé de se
rendre malgré deux convocations, avait conclu à une «mise en cause précipitée» des magistrats de Metz par l'IGSJ «alors même que les éléments déjà portés à la connaissance du ministère de la justice permettaient de l'exclure».

Dans un courrier interne envoyé le 7 janvier à tous ses membres, le
président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire),
Christophe Régnard, juge l'augmentation d'André Ride digne «d'une République bananière». «Pour résumer, écrit-il, si
on auditionne au milieu de la nuit sans aucun respect des règles de
droit des magistrats, si on donne des gages en servant fidèlement la
ministre, si on accepte de manger son chapeau en public et si on refuse
de déférer aux convocations d'un organe institutionnel, on a une
augmentation. C'est une honte et une nouvelle provocation.»

Si l'on met en regard cette histoire avec un autre événement qui a
marqué la vie judiciaire de ces derniers jours, il semblerait bien que
l'indépendance ne soit pas la vertu la mieux appréciée au ministère. Le
procureur de la République de Nancy a convoqué, vendredi 9 janvier, des
magistrats du parquet qui ont applaudi un discours de la présidente du
Tribunal de grande instance portant sur l'indépendance de la justice
lors de l'audience solennelle de rentrée.

Morale de l'histoire: si on applaudit l'indépendance de la justice,
on est convoqué. Si on se couche au profit de la ministre, on est
augmenté.
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Re: Rachida Dati: la prime qui fait scandale

Message  Arsene du PDC le Dim 11 Jan - 18:25

coal a écrit:Au ministère de la justice, la culture de l'échine courbée a un
prix: celui d'une confortable augmentation de revenus en fin d'année.
André Ride, l'inspecteur général des services judiciaires de la
chancellerie, qui s'était illustré à l'automne dernier en dédouanant
publiquement Rachida Dati de la manière dont lui et ses services
avaient dû entendre, en pleine nuit, dans l'urgence, et sans respecter
les procédures, plusieurs magistrats mis en cause précipitamment par le
ministère après le suicide d'un détenu à la prison de Metz-Queuleu
(Moselle), vient de se voir accorder une prime exceptionnelle.

La garde des Sceaux a signé mi-décembre un arrêté qui octroie une
prime de 20% du traitement indiciaire annuel – le maximum légal – en
faveur d'André Ride. Le texte, publié au Journal officiel le 31 décembre, jour de réveillon, explique que ce montant est «modulé pour tenir compte des résultats atteints par ce dernier au regard des objectifs préalablement notifiés par le ministre».
Selon des sources internes au ministère de la justice, ulcérées par
l'affaire, cette prime pourrait représenter entre 12.000 et 15.000
euros. De quoi bien commencer 2009. Mais pas de quoi réchauffer les relations entre la ministre et la magistrature.

André Ride est le seul haut magistrat du ministère à profiter cette
année d'une telle prime, parfaitement inhabituelle dans ses
proportions. Les premiers présidents de cour d'appel ou procureurs
généraux n'ont eu droit, eux, qu'à une prime de 9%, le maximum légal
étant de 15%. Un vrai traitement de faveur pour M. Ride puisqu'en 2008,
le cas de l'inspecteur général des services judiciaires (IGSJ) était
indissocié de celui de ces hauts magistrats, selon les termes d'un
arrêté qui leur avait collectivement alloué une prime de 9% (dans un
maximum de 15%). Depuis le 31 décembre, les règles du jeu ont donc
spécifiquement changé pour M. Ride, nommé IGSJ en décembre 2007.

Il faut dire que ce proche de Rachida Dati s'était mis en quatre
pour éviter à la garde des Sceaux d'avoir à endosser la responsabilité
de la gestion catastrophique du suicide d'un mineur à la prison de
Metz-Queuleu à l'automne 2008. Nabil L., 16 ans, s'était pendu le 6
octobre dans sa cellule du quartier des mineurs d'un établissement
pénitentiaire pourtant qualifié de «modèle» quelques mois plus tôt par Rachida Dati.

Le ministère a alors immédiatement diligenté une enquête de
l'inspection des services judiciaires, menée par André Ride dans de
drôles de conditions. Le 8 octobre, plusieurs magistrats ont été
auditionnés en pleine nuit et sévèrement mis en cause sans raison
légitime par les services de la chancellerie, qui se sont finalement
rétractés quelques jours plus tard.

Comment Rachida Dati intimide le monde judiciaire
Rachida Dati face à ses juges
La bronca des magistrats contre Rachida Dati

Au ministère de la justice, la culture de l'échine courbée a un prix:
celui d'une confortable augmentation de revenus en fin d'année. André
Ride, l'inspecteur général des services judiciaires de la chancellerie,
qui s'était illustré à l'automne dernier en dédouanant publiquement
Rachida Dati de la manière dont lui et ses services avaient dû
entendre, en pleine nuit, dans l'urgence, et sans respecter les
procédures, plusieurs magistrats mis en cause précipitamment par le
ministère après le suicide d'un détenu à la prison de Metz-Queuleu
(Moselle), vient de se voir accorder une prime exceptionnelle.


La garde des Sceaux a signé mi-décembre un arrêté qui octroie une
prime de 20% du traitement indiciaire annuel – le maximum légal – en
faveur d'André Ride. Le texte, publié au Journal officiel le 31 décembre, jour de réveillon, explique que ce montant est «modulé pour tenir compte des résultats atteints par ce dernier au regard des objectifs préalablement notifiés par le ministre».
Selon des sources internes au ministère de la justice, ulcérées par
l'affaire, cette prime pourrait représenter entre 12.000 et 15.000
euros. De quoi bien commencer 2009. Mais pas de quoi réchauffer les relations entre la ministre et la magistrature.


André Ride est le seul haut magistrat du ministère à profiter cette
année d'une telle prime, parfaitement inhabituelle dans ses
proportions. Les premiers présidents de cour d'appel ou procureurs
généraux n'ont eu droit, eux, qu'à une prime de 9%, le maximum légal
étant de 15%. Un vrai traitement de faveur pour M. Ride puisqu'en 2008,
le cas de l'inspecteur général des services judiciaires (IGSJ) était
indissocié de celui de ces hauts magistrats, selon les termes d'un
arrêté qui leur avait collectivement alloué une prime de 9% (dans un
maximum de 15%). Depuis le 31 décembre, les règles du jeu ont donc
spécifiquement changé pour M. Ride, nommé IGSJ en décembre 2007.


Il faut dire que ce proche de Rachida Dati s'était mis en quatre
pour éviter à la garde des Sceaux d'avoir à endosser la responsabilité
de la gestion catastrophique du suicide d'un mineur à la prison de
Metz-Queuleu à l'automne 2008. Nabil L., 16 ans, s'était pendu le 6
octobre dans sa cellule du quartier des mineurs d'un établissement
pénitentiaire pourtant qualifié de «modèle» quelques mois plus tôt par Rachida Dati.


Le ministère a alors immédiatement diligenté une enquête d
l'inspection des services judiciaires, menée par André Ride dans de
drôles de conditions. Le 8 octobre, plusieurs magistrats ont été
auditionnés en pleine nuit et sévèrement mis en cause sans raison
légitime par les services de la chancellerie, qui se sont finalement
rétractés quelques jours plus tard.


«C'est une honte et une nouvelle provocation»



Les conditions de cette enquête interne pour le moins insolite, dans le
fond et dans la forme, avaient suscité un tollé considérable au sein de
la magistrature, qui a alors dénoncé une «opération d'intimidation» pour «mettre les juges au pas».
Et face à l'ampleur de la polémique, André Ride, qui est pourtant sous
l'autorité hiérarchique de la ministre, a dû avaler son chapeau. Le 16
octobre, la chancellerie a ainsi publié un communiqué dans lequel
l'inspecteur général (photo ci-contre) disait assumer «seul la responsabilité» des conditions de son enquête.

Ecrit à la troisième personne, le texte – qui n'est plus disponible sur le site du ministère – disait: «Surpris
et ému de la façon dont la presse a relaté son inspection à Metz,
[André Ride] tient à préciser que s'il est exact que la ministre de la
justice lui a ordonné de procéder à une inspection, la garde des
sceaux, pour autant, ne lui a jamais fixé les modalités dans lesquelles
cette inspection devait intervenir.»

Et d'insister: «Il tient à faire savoir qu'il regrette la
précipitation dans laquelle il a pu agir. Il souhaite que les
magistrats entendus par ses services comprennent sa hâte alors même
qu'il n'avait pas l'intention de les mettre en accusation dans une
situation particulièrement inconfortable [...] La garde des sceaux ne
peut être mise en cause quant aux modalités de cette inspection.» Un exercice d'auto-flagellation qui touche au sublime.

Dans un rapport rendu en novembre, le Conseil supérieur de la
magistrature (CSM), devant lequel André Ride a d'ailleurs refusé de se
rendre malgré deux convocations, avait conclu à une «mise en cause précipitée» des magistrats de Metz par l'IGSJ «alors même que les éléments déjà portés à la connaissance du ministère de la justice permettaient de l'exclure».

Dans un courrier interne envoyé le 7 janvier à tous ses membres, le
président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire),
Christophe Régnard, juge l'augmentation d'André Ride digne «d'une République bananière». «Pour résumer, écrit-il, si
on auditionne au milieu de la nuit sans aucun respect des règles de
droit des magistrats, si on donne des gages en servant fidèlement la
ministre, si on accepte de manger son chapeau en public et si on refuse
de déférer aux convocations d'un organe institutionnel, on a une
augmentation. C'est une honte et une nouvelle provocation.»

Si l'on met en regard cette histoire avec un autre événement qui a
marqué la vie judiciaire de ces derniers jours, il semblerait bien que
l'indépendance ne soit pas la vertu la mieux appréciée au ministère. Le
procureur de la République de Nancy a convoqué, vendredi 9 janvier, des
magistrats du parquet qui ont applaudi un discours de la présidente du
Tribunal de grande instance portant sur l'indépendance de la justice
lors de l'audience solennelle de rentrée.

Morale de l'histoire: si on applaudit l'indépendance de la justice,
on est convoqué. Si on se couche au profit de la ministre, on est
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Re: Rachida Dati: la prime qui fait scandale

Message  papacoz le Dim 11 Jan - 18:43

Arsene du PDC a écrit:
coal a écrit:Au ministère de la justice, la culture de l'échine courbée a un
prix: celui d'une confortable augmentation de revenus en fin d'année.
André Ride, l'inspecteur général des services judiciaires de la
chancellerie, qui s'était illustré à l'automne dernier en dédouanant
publiquement Rachida Dati de la manière dont lui et ses services
avaient dû entendre, en pleine nuit, dans l'urgence, et sans respecter
les procédures, plusieurs magistrats mis en cause précipitamment par le
ministère après le suicide d'un détenu à la prison de Metz-Queuleu
(Moselle), vient de se voir accorder une prime exceptionnelle.

La garde des Sceaux a signé mi-décembre un arrêté qui octroie une
prime de 20% du traitement indiciaire annuel – le maximum légal – en
faveur d'André Ride. Le texte, publié au Journal officiel le 31 décembre, jour de réveillon, explique que ce montant est «modulé pour tenir compte des résultats atteints par ce dernier au regard des objectifs préalablement notifiés par le ministre».
Selon des sources internes au ministère de la justice, ulcérées par
l'affaire, cette prime pourrait représenter entre 12.000 et 15.000
euros. De quoi bien commencer 2009. Mais pas de quoi réchauffer les relations entre la ministre et la magistrature.

André Ride est le seul haut magistrat du ministère à profiter cette
année d'une telle prime, parfaitement inhabituelle dans ses
proportions. Les premiers présidents de cour d'appel ou procureurs
généraux n'ont eu droit, eux, qu'à une prime de 9%, le maximum légal
étant de 15%. Un vrai traitement de faveur pour M. Ride puisqu'en 2008,
le cas de l'inspecteur général des services judiciaires (IGSJ) était
indissocié de celui de ces hauts magistrats, selon les termes d'un
arrêté qui leur avait collectivement alloué une prime de 9% (dans un
maximum de 15%). Depuis le 31 décembre, les règles du jeu ont donc
spécifiquement changé pour M. Ride, nommé IGSJ en décembre 2007.

Il faut dire que ce proche de Rachida Dati s'était mis en quatre
pour éviter à la garde des Sceaux d'avoir à endosser la responsabilité
de la gestion catastrophique du suicide d'un mineur à la prison de
Metz-Queuleu à l'automne 2008. Nabil L., 16 ans, s'était pendu le 6
octobre dans sa cellule du quartier des mineurs d'un établissement
pénitentiaire pourtant qualifié de «modèle» quelques mois plus tôt par Rachida Dati.

Le ministère a alors immédiatement diligenté une enquête de
l'inspection des services judiciaires, menée par André Ride dans de
drôles de conditions. Le 8 octobre, plusieurs magistrats ont été
auditionnés en pleine nuit et sévèrement mis en cause sans raison
légitime par les services de la chancellerie, qui se sont finalement
rétractés quelques jours plus tard.

Comment Rachida Dati intimide le monde judiciaire
Rachida Dati face à ses juges
La bronca des magistrats contre Rachida Dati

Au ministère de la justice, la culture de l'échine courbée a un prix:
celui d'une confortable augmentation de revenus en fin d'année. André
Ride, l'inspecteur général des services judiciaires de la chancellerie,
qui s'était illustré à l'automne dernier en dédouanant publiquement
Rachida Dati de la manière dont lui et ses services avaient dû
entendre, en pleine nuit, dans l'urgence, et sans respecter les
procédures, plusieurs magistrats mis en cause précipitamment par le
ministère après le suicide d'un détenu à la prison de Metz-Queuleu
(Moselle), vient de se voir accorder une prime exceptionnelle.


La garde des Sceaux a signé mi-décembre un arrêté qui octroie une
prime de 20% du traitement indiciaire annuel – le maximum légal – en
faveur d'André Ride. Le texte, publié au Journal officiel le 31 décembre, jour de réveillon, explique que ce montant est «modulé pour tenir compte des résultats atteints par ce dernier au regard des objectifs préalablement notifiés par le ministre».
Selon des sources internes au ministère de la justice, ulcérées par
l'affaire, cette prime pourrait représenter entre 12.000 et 15.000
euros. De quoi bien commencer 2009. Mais pas de quoi réchauffer les relations entre la ministre et la magistrature.


André Ride est le seul haut magistrat du ministère à profiter cette
année d'une telle prime, parfaitement inhabituelle dans ses
proportions. Les premiers présidents de cour d'appel ou procureurs
généraux n'ont eu droit, eux, qu'à une prime de 9%, le maximum légal
étant de 15%. Un vrai traitement de faveur pour M. Ride puisqu'en 2008,
le cas de l'inspecteur général des services judiciaires (IGSJ) était
indissocié de celui de ces hauts magistrats, selon les termes d'un
arrêté qui leur avait collectivement alloué une prime de 9% (dans un
maximum de 15%). Depuis le 31 décembre, les règles du jeu ont donc
spécifiquement changé pour M. Ride, nommé IGSJ en décembre 2007.


Il faut dire que ce proche de Rachida Dati s'était mis en quatre
pour éviter à la garde des Sceaux d'avoir à endosser la responsabilité
de la gestion catastrophique du suicide d'un mineur à la prison de
Metz-Queuleu à l'automne 2008. Nabil L., 16 ans, s'était pendu le 6
octobre dans sa cellule du quartier des mineurs d'un établissement
pénitentiaire pourtant qualifié de «modèle» quelques mois plus tôt par Rachida Dati.


Le ministère a alors immédiatement diligenté une enquête d
l'inspection des services judiciaires, menée par André Ride dans de
drôles de conditions. Le 8 octobre, plusieurs magistrats ont été
auditionnés en pleine nuit et sévèrement mis en cause sans raison
légitime par les services de la chancellerie, qui se sont finalement
rétractés quelques jours plus tard.


«C'est une honte et une nouvelle provocation»



Les conditions de cette enquête interne pour le moins insolite, dans le
fond et dans la forme, avaient suscité un tollé considérable au sein de
la magistrature, qui a alors dénoncé une «opération d'intimidation» pour «mettre les juges au pas».
Et face à l'ampleur de la polémique, André Ride, qui est pourtant sous
l'autorité hiérarchique de la ministre, a dû avaler son chapeau. Le 16
octobre, la chancellerie a ainsi publié un communiqué dans lequel
l'inspecteur général (photo ci-contre) disait assumer «seul la responsabilité» des conditions de son enquête.

Ecrit à la troisième personne, le texte – qui n'est plus disponible sur le site du ministère – disait: «Surpris
et ému de la façon dont la presse a relaté son inspection à Metz,
[André Ride] tient à préciser que s'il est exact que la ministre de la
justice lui a ordonné de procéder à une inspection, la garde des
sceaux, pour autant, ne lui a jamais fixé les modalités dans lesquelles
cette inspection devait intervenir.»

Et d'insister: «Il tient à faire savoir qu'il regrette la
précipitation dans laquelle il a pu agir. Il souhaite que les
magistrats entendus par ses services comprennent sa hâte alors même
qu'il n'avait pas l'intention de les mettre en accusation dans une
situation particulièrement inconfortable [...] La garde des sceaux ne
peut être mise en cause quant aux modalités de cette inspection.» Un exercice d'auto-flagellation qui touche au sublime.

Dans un rapport rendu en novembre, le Conseil supérieur de la
magistrature (CSM), devant lequel André Ride a d'ailleurs refusé de se
rendre malgré deux convocations, avait conclu à une «mise en cause précipitée» des magistrats de Metz par l'IGSJ «alors même que les éléments déjà portés à la connaissance du ministère de la justice permettaient de l'exclure».

Dans un courrier interne envoyé le 7 janvier à tous ses membres, le
président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire),
Christophe Régnard, juge l'augmentation d'André Ride digne «d'une République bananière». «Pour résumer, écrit-il, si
on auditionne au milieu de la nuit sans aucun respect des règles de
droit des magistrats, si on donne des gages en servant fidèlement la
ministre, si on accepte de manger son chapeau en public et si on refuse
de déférer aux convocations d'un organe institutionnel, on a une
augmentation. C'est une honte et une nouvelle provocation.»

Si l'on met en regard cette histoire avec un autre événement qui a
marqué la vie judiciaire de ces derniers jours, il semblerait bien que
l'indépendance ne soit pas la vertu la mieux appréciée au ministère. Le
procureur de la République de Nancy a convoqué, vendredi 9 janvier, des
magistrats du parquet qui ont applaudi un discours de la présidente du
Tribunal de grande instance portant sur l'indépendance de la justice
lors de l'audience solennelle de rentrée.

Morale de l'histoire: si on applaudit l'indépendance de la justice,
on est convoqué. Si on se couche au profit de la ministre, on est
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