Super-gendarmes contre super-flics: !! la guerre des super-polices :)

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Super-gendarmes contre super-flics: !! la guerre des super-polices :)

Message  Indians le Dim 18 Jan - 22:10

Alors que gendarmes et policiers ont fusionné le 1er janvier, les troupes d'élite du Raid et du GIGN font de la résistance.



Rififi au ministère de l'Intérieur: depuis le 1er janvier, Michèle Alliot-Marie peut compter sur deux unités d'intervention, le Raid et le GIGN, éternels rivaux désormais voués à travailler ensemble. En tout, 800 hommes pour résoudre tous les cas de figure: du simple forcené à la prise d'otages multiples (POM). En coulisse, chacune de ces unités pousse ses pions pour ne pas être absorbée par l'autre... Guerre des polices, le retour.


"Rapprochement", oui; "fusion", non...

"Rattachement", "rapprochement" à la rigueur, mais ne dites surtout pas "fusion". Policiers ou gendarmes, le terme fait l'unanimité contre lui. Même si, officiellement, la gendarmerie est passée au 1er janvier 2009 sous la coupe du ministère de l'Intérieur. Pas question de mélanger les uns (civils) aux autres (militaires).

Le cas est pourtant symptomatique: sur le papier, les deux unités d'élite ont la même feuille de route. Réduire à néant les "terroristes" de tout poil, du forcené reclus dans sa tannière aux pirates somaliens de haute mer, en passant par le berger corse indépendantiste. D'abord par la négociation puis, s'il le faut, par la force.

Dans le détail, voici un comparatif rapide des forces en présence:



Bref, même si chacun défend son identité propre, sur le papier, les deux groupes ont toutes les raisons de s'allier, voire de fusionner... Impensable, répond-t-on d'un même élan, des deux côtés, chaque groupe a ses spécificités: contre-terrorisme maritime ou aérien pour les gendarmes, grand banditisme pour les policiers.

Sarkozy a une dette politique vis-à-vis du Raid

L'histoire est désormais connue: Nicolas Sarkozy est devenu vraiment célèbre le jour de la prise d'otages de la maternelle de Neuilly-sur-Seine, en mai 1993. En tant que maire de la ville, il s'impose dans les négociations menées par le Raid et, après plusieurs contacts, parvient à sortir quelques enfants retenus par le preneur d'otages HB, Erick Schmitt de son vrai nom, un chômeur déprimé qui prend deux balles dans la tête lors du dénouement de l'affaire.

Décoré par le Raid à titre exceptionnel, l'ex-ministre de l'Intérieur n'a pas oublié. Une vidéo diffusée sur Internet par ses partisans pendant la campagne présidentielle de 2007 l'utilise d'ailleurs abondamment, afin d'humaniser le candidat de l'UMP. A chaque occasion, comme lors du 20e anniversaire de l'unité en 2005, le ministre de l'Intérieur rappelle son attachement au Raid:

"Vous retrouver aujourd'hui c'est comme croiser un ami d'enfance, qui a grandi, qui a traversé des épreuves et avec lequel on peut évoquer les choses que l'on a partagées, parce que depuis Neuilly, nous avons vécu d'autres événements intenses ensemble."

Autrement dit, pas touche à l'unité d'élite de la police! Les gendarmes le savent bien.

Dès septembre 2007, le GIGN se restructure

Dans ce contexte, le GIGN entame, dès septembre 2007, une profonde mue. Il va ainsi passer en un an et demi de 90 à 380 personnes, hommes et femmes... en incorporant au passage l'escadron parachutiste (EPIGN).

Une évolution sur laquelle les képis bleus ont beaucoup communiqué ces derniers mois: grand reportage "pim-pam-poum" en prime time à la TV, article élogieux dans le Figaro et pour finir simulation grandeur nature d'une méga prise d'otages au Stade de France.

Objectif? Apparaître comme l'unité en pointe pour affronter les menaces terroristes à venir. D'où l'apparition d'un nouveau concept: les POM, pour prise d'otages massive. Du type de celle de Moscou (2002), de Beslan (2004) ou encore de la dernière attaque à Bombay. L'argument est simple: pour faire face à ce genre de menaces, une unité ne suffit pas. D'ailleurs, l'exécutif peut désormais compter sur 800 hommes de choc (GIGN+Raid+GIPN).

Le GIGN et le "Ponant"? Une légende légèrement usurpée

Le GIGN doit s'imposer comme LA référence en matière d'unité de choc. Pour cela, rien de tel que la prise d'otages du "Ponant", ce navire de luxe arraisonné par des pirates somaliens au printemps 2008 avec 30 membres d'équipage. Une affaire où le GIGN a légèrement gonflé son rôle. L'anecdote est méconnue, elle a tout juste été évoquée par Jean Guisnel, spécialiste défense du Point:

"Dès le samedi 5 avril au matin, des 'négociateurs régionaux' de la gendarmerie viendront à Marseille assister l’armateur CMA CGM, l’exploitant du 'Ponant'. Après un petit flottement et une 'remise d’aplomb' ordonnée par Matignon, l’affaire sera reprise en main par des négociateurs du GIGN et de la DGSE, les armateurs Jacques et Rodolphe Saadé conservant la liaison avec les pirates via le téléphone par satellite Inmarsat du 'Ponant'."

Voici l'histoire du "flottement". Depuis l'affaire Aubenas en Irak, la DGSE dispose d'un "droit de premier refus" pour toutes les prises d'otage réalisées à l'étranger sur des Français.

Les espions de la Piscine ont le choix d'accepter ou de refuser une affaire, en fonction de sa dimension géopolitique. Boulevard Mortier, la décision est rapide: on prend le dossier du "Ponant".

Le GIGN va alors faire des pieds et des mains pour être en première ligne. Il dépêche discrètement, dès les premières heures de la crise, une équipe de négociateurs auprès de l'armateur marseillais. Prévenue, la DGSE alerte immédiatement l'exécutif. La "remise d'aplomb" de Matignon a été bien plus brutale qu'énoncée. Mais, pour d'évidentes raisons de confidentialité, personne n'en a soufflé mot.

Cela n'empêchera pas les musclés gendarmes de participer ensuite à l'opération, aux côtés des commandos marine. Uniquement lors de la remise de la rançon aux ravisseurs. Contrairement à la légende, c'est bien l'équipe des services de renseignements extérieurs français qui a piloté toute l'opération. De la prise de contact avec les pirates à la récupération de la rançon.

MAM marche sur des oeufs, à grand coup de phrases consensuelles

Bien sûr, pas question aujourd'hui de supprimer l'une ou l'autre de ces unités. Les faire travailler ensemble? Ce n'est pas encore tout à fait d'actualité. Et ce, pour au moins trois raisons:

En tant qu'ex-ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie conserve un attachement au GIGN, qu'elle ne manque pas de prudemment souligner lors des exercices communs organisés l'an dernier
La procédure d'un travail en commun reste flou: en cas de super prise d'otages, Raid et GIGN conserveraient leur commandement propre, au sein d'un état-major tactique commun, dirigé par l'unité qui récupère l'affaire en premier (vous suivez?)
Enfin, chaque unité garde son statut, son esprit de corps, sa mentalité...
Comme le dit un connaisseur du milieu, qui veut rester anonyme:

"Essayez de faire rentrer un chien et un chat dans une même boite..."

@++

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