Jean-Marie Messier sur la voie de la réhabilitation

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Jean-Marie Messier sur la voie de la réhabilitation

Message  coal le Dim 25 Jan - 1:01

Etrange concordance des temps: une semaine après la sortie du livre de Jean-Marie Messier,
le Parquet de Paris annonce qu'il requiert un non-lieu général dans
l'affaire Vivendi Universal engagée depuis 2002. Le juge d'instruction
Jean-Marie d'Huy, qui conduit le dossier depuis le début, doit encore
décider s'il demande ou non le renvoi de l'affaire devant le tribunal
correctionnel. S'il décide un non-lieu, les sept personnes mises en
cause seront blanchies.


« On attend avec impatience la décision du courageux juge d'instruction »,
ironise Frédérik-Karel Canoy, avocat des petits porteurs lésés dans
l'affaire Vivendi qui ont porté l'affaire devant la justice. Décision
qui ne semble guère faire de doute pour Olivier Metzner, l'avocat de
Jean-Marie Messier : «Après six ans d'instruction et de
vérifications fouillées, le parquet estime qu'il n'y a aucune
infraction. Six ans de calomnie pour un résultat d'innocence»,
s'exclame-t-il.


Six ans pour aboutir à un non-lieu face à de petits actionnaires qui ont porté plainte pour «manipulation de cours de Bourse», «abus de biens sociaux» et «diffusion de fausses informations»: le
temps de la justice est bien long décidément en France. Il est vrai
qu'entre-temps, les juges d'Huy et Pons, chargés du dossier, ont été
mobilisés ailleurs, notamment sur l'affaire Clearstream. L'affaire
Vivendi est devenue moins urgente. A titre de comparaison, l'affaire
Enron, qui avait éclaté au même moment, a été jugée deux ans plus tard
par la justice américaine et ses principaux responsables ont été
condamnés à des peines allant jusqu'à 167 ans de prison!


Mais il fallait bien ce temps de réflexion pour démonter le dossier
et prouver qu'il était vide. Bien sûr, il y a eu une information
financière trompeuse, des hors-bilan cachés, des tentations de
manipulation de cours, au point d'y engager toute la trésorerie du
groupe (6 milliards d'euros) et de l'amener au bord de la faillite.
Mais tout cela n'aurait rien à voir avec une fraude caractérisée, ce
serait juste des erreurs de gestion. Lorsque tout cela fut dénoncé en
son temps par Colette Neuville, présidente de l'association des
actionnaires minoritaires (Adam), ces accusations furent rejetées comme
non advenues. Rien ne s'était passé. Tout juste le conseil
d'administration du groupe, pourtant contrôlé au millimètre, a-t-il
contraint (à l'unanimité!) Jean-Marie Messier à la démission, le 3
juillet 2002. Entre-temps, l'ensemble du patronat – même son ami
Bernard Arnault (LVMH) – l'avait lâché.


L'Autorité des marchés financiers, elle-même, a conclu à la faute
vénielle. Le gendarme boursier, toujours très à cheval sur la moralité
de la Place de Paris, avait condamné l'ancien PDG de Vivendi à 1
million d'euros d'amende (soit les deux tiers de la peine maximale)
pour mauvaise information. En appel, l'amende a été divisée par deux,
soit 500.000 euros. Aux Etats-Unis, la SEC fut plus sèche.
Elle a condamné, pour les mêmes motifs, Jean-Marie Messier à payer 1
million de dollars d'amende à titre personnel et l'a obligé à renoncer
à son parachute doré de 25 millions de dollars, plus 50 millions de
dollars pour le groupe.

Le temps de la réhabilitation

Aujourd'hui, Jean-Marie Messier se félicite de ne pas avoir reçu ce
parachute doré. D'autant que le sacrifice a été partiellement
compensé : ses frais d'avocat ont été pris en charge par Vivendi
dans le cadre d'une transaction. Le montant exact versé par le groupe
n'a jamais été précisé. Mais cette renonciation, même si elle a été
forcée, ne le rend donc que plus légitime pour parler de la crise,
comme il le rappelle dans son livre Le jour où le ciel nous est tombé sur la tête.
Et puis, cela vide le dossier des risques d'accusations d'abus de biens
sociaux. Les responsables de Canal+, qui ont reçu des parachutes dorés
prévus dans le cadre de leur contrat, ont, eux, été mis en examen. On
oublie au passage les 27 milliards de francs (4,1 milliards d'euros)
issus de provisions pour renouvellement des infrastructures d'eaux
payés par les collectivités locales françaises mais captés par le
groupe pour faire face à ses dettes immobilières avant de lui permettre
de voler vers Hollywood et prendre la tête d'Universal studios.


Bien sûr, il y eut certains à-côtés : l'appartement sur Park avenue
à 17,5 millions de dollars, l'avion privé équipé comme un avion
présidentiel – «avec douche ou bain?» s'interrogea
passionnément le groupe avant d'opter pour la douche car elle
économisait de l'eau, ce qui facilitait les décollages —, les
allers-retours incessants payés par le groupe pour lui et sa famille de
part et d'autre de l'Atlantique, sans compter les primes payées à
certains dirigeants aux Bahamas. Broutilles!


D'autant que s'il y eut des perdants il y eut aussi des gagnants.
Comme Bernard Arnault qui se débarrassa à bon compte de son activité
immobilière, en la fusionnant avec celle de la Générale des eaux. Comme
Alain Dinin et Stéphane Richard, aujourd'hui directeur de cabinet de
Christine Lagarde, qui récupèrent l'activité immobilière de la Générale
des eaux, sans dettes cette fois. A la suite de plusieurs LBO (leverage buy out,
achats avec effet de levier), la fortune du premier est estimée à 150
millions d'euros, celle du second à 90 millions (même s'il a connu
quelques soucis fiscaux récents: 660.000 euros de redressement). Ou
comme Antoine Zacharias, l'ex-PDG de Vinci, qui profita de son ancien
contrat Générale des eaux, signé par Jean-Marie Messier, pour obtenir
pour 250 millions d'euros de stock-options plus quelques à-côtés. On en
oublie.


En face d'eux, on comprend que Jean-Marie Messier nourrisse un
certain sentiment d'injustice. D'autant que la mésaventure qu'il a
connue n'est pas de son fait, comme il l'explique dans sa version de la
faillite de Vivendi: non, il ne s'est pas agi d'une sanction de sa
gestion aboutissant à un effondrement de l'action de plus de 70% en
juin 2002. La société a juste été prise dans l'éclatement de la bulle
internet, et a été massacrée par les traders et les hedge funds,
grâce aux ventes à découvert. Ce sont les mêmes d'ailleurs qui sont
responsables de la crise actuelle, explique-t-il. Et la justice
s'apprête aujourd'hui à lui donner raison.



Etrange concordance des temps: une semaine après la sortie du livre de Jean-Marie Messier,
le Parquet de Paris annonce qu'il requiert un non-lieu général dans
l'affaire Vivendi Universal engagée depuis 2002. Le juge d'instruction
Jean-Marie d'Huy, qui conduit le dossier depuis le début, doit encore
décider s'il demande ou non le renvoi de l'affaire devant le tribunal
correctionnel. S'il décide un non-lieu, les sept personnes mises en
cause seront blanchies.


« On attend avec impatience la décision du courageux juge d'instruction »,
ironise Frédérik-Karel Canoy, avocat des petits porteurs lésés dans
l'affaire Vivendi qui ont porté l'affaire devant la justice. Décision
qui ne semble guère faire de doute pour Olivier Metzner, l'avocat de
Jean-Marie Messier : «Après six ans d'instruction et de
vérifications fouillées, le parquet estime qu'il n'y a aucune
infraction. Six ans de calomnie pour un résultat d'innocence»,
s'exclame-t-il.


Six ans pour aboutir à un non-lieu face à de petits actionnaires qui ont porté plainte pour «manipulation de cours de Bourse», «abus de biens sociaux» et «diffusion de fausses informations»: le
temps de la justice est bien long décidément en France. Il est vrai
qu'entre-temps, les juges d'Huy et Pons, chargés du dossier, ont été
mobilisés ailleurs, notamment sur l'affaire Clearstream. L'affaire
Vivendi est devenue moins urgente. A titre de comparaison, l'affaire
Enron, qui avait éclaté au même moment, a été jugée deux ans plus tard
par la justice américaine et ses principaux responsables ont été
condamnés à des peines allant jusqu'à 167 ans de prison!


Mais il fallait bien ce temps de réflexion pour démonter le dossier
et prouver qu'il était vide. Bien sûr, il y a eu une information
financière trompeuse, des hors-bilan cachés, des tentations de
manipulation de cours, au point d'y engager toute la trésorerie du
groupe (6 milliards d'euros) et de l'amener au bord de la faillite.
Mais tout cela n'aurait rien à voir avec une fraude caractérisée, ce
serait juste des erreurs de gestion. Lorsque tout cela fut dénoncé en
son temps par Colette Neuville, présidente de l'association des
actionnaires minoritaires (Adam), ces accusations furent rejetées comme
non advenues. Rien ne s'était passé. Tout juste le conseil
d'administration du groupe, pourtant contrôlé au millimètre, a-t-il
contraint (à l'unanimité!) Jean-Marie Messier à la démission, le 3
juillet 2002. Entre-temps, l'ensemble du patronat – même son ami
Bernard Arnault (LVMH) – l'avait lâché.


L'Autorité des marchés financiers, elle-même, a conclu à la faute
vénielle. Le gendarme boursier, toujours très à cheval sur la moralité
de la Place de Paris, avait condamné l'ancien PDG de Vivendi à 1
million d'euros d'amende (soit les deux tiers de la peine maximale)
pour mauvaise information. En appel, l'amende a été divisée par deux,
soit 500.000 euros. Aux Etats-Unis, la SEC fut plus sèche.
Elle a condamné, pour les mêmes motifs, Jean-Marie Messier à payer 1
million de dollars d'amende à titre personnel et l'a obligé à renoncer
à son parachute doré de 25 millions de dollars, plus 50 millions de
dollars pour le groupe.


Le temps de la réhabilitation


Aujourd'hui, Jean-Marie Messier se félicite de ne pas avoir reçu ce
parachute doré. D'autant que le sacrifice a été partiellement
compensé : ses frais d'avocat ont été pris en charge par Vivendi
dans le cadre d'une transaction. Le montant exact versé par le groupe
n'a jamais été précisé. Mais cette renonciation, même si elle a été
forcée, ne le rend donc que plus légitime pour parler de la crise,
comme il le rappelle dans son livre Le jour où le ciel nous est tombé sur la tête.
Et puis, cela vide le dossier des risques d'accusations d'abus de biens
sociaux. Les responsables de Canal+, qui ont reçu des parachutes dorés
prévus dans le cadre de leur contrat, ont, eux, été mis en examen. On
oublie au passage les 27 milliards de francs (4,1 milliards d'euros)
issus de provisions pour renouvellement des infrastructures d'eaux
payés par les collectivités locales françaises mais captés par le
groupe pour faire face à ses dettes immobilières avant de lui permettre
de voler vers Hollywood et prendre la tête d'Universal studios.


Bien sûr, il y eut certains à-côtés : l'appartement sur Park avenue
à 17,5 millions de dollars, l'avion privé équipé comme un avion
présidentiel – «avec douche ou bain?» s'interrogea
passionnément le groupe avant d'opter pour la douche car elle
économisait de l'eau, ce qui facilitait les décollages —, les
allers-retours incessants payés par le groupe pour lui et sa famille de
part et d'autre de l'Atlantique, sans compter les primes payées à
certains dirigeants aux Bahamas. Broutilles!


D'autant que s'il y eut des perdants il y eut aussi des gagnants.
Comme Bernard Arnault qui se débarrassa à bon compte de son activité
immobilière, en la fusionnant avec celle de la Générale des eaux. Comme
Alain Dinin et Stéphane Richard, aujourd'hui directeur de cabinet de
Christine Lagarde, qui récupèrent l'activité immobilière de la Générale
des eaux, sans dettes cette fois. A la suite de plusieurs LBO (leverage buy out,
achats avec effet de levier), la fortune du premier est estimée à 150
millions d'euros, celle du second à 90 millions (même s'il a connu
quelques soucis fiscaux récents: 660.000 euros de redressement). Ou
comme Antoine Zacharias, l'ex-PDG de Vinci, qui profita de son ancien
contrat Générale des eaux, signé par Jean-Marie Messier, pour obtenir
pour 250 millions d'euros de stock-options plus quelques à-côtés. On en
oublie.


En face d'eux, on comprend que Jean-Marie Messier nourrisse un
certain sentiment d'injustice. D'autant que la mésaventure qu'il a
connue n'est pas de son fait, comme il l'explique dans sa version de la
faillite de Vivendi: non, il ne s'est pas agi d'une sanction de sa
gestion aboutissant à un effondrement de l'action de plus de 70% en
juin 2002. La société a juste été prise dans l'éclatement de la bulle
internet, et a été massacrée par les traders et les hedge funds,
grâce aux ventes à découvert. Ce sont les mêmes d'ailleurs qui sont
responsables de la crise actuelle, explique-t-il. Et la justice
s'apprête aujourd'hui à lui donner raison.




http://i68.servimg.com/u/f68/12/08/60/32/messie10.jpg

Decidement ils sont bien soignés ces enculés après Tapie ==> Messier Twisted Evil Twisted Evil Twisted Evil
comme dirait Théo , c'est quand meme pas de la faute à Sarko Exclamation Exclamation Exclamation
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