Soutien aux inculpés de Tarnac : les autonomes font le plein

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Soutien aux inculpés de Tarnac : les autonomes font le plein

Message  coal le Dim 1 Fév - 1:28

Par Rue89 | 31/01/2009 | 21H31



Est-ce l'époque? Le succès de la grève de jeudi? La réponse musclée des forces de l'ordre qui avaient embarqué une centaine de militants le week-end précédent à la fin d'une manif à Barbès?
Ou plus simplement, le sentiment que quelque chose ne tourne pas
rond au royaume de France?. Après deux semaines de mobilisation pour
les "inculpés de Tarnac", les autonomes sont parvenus à ratisser large.
Ils étaient environ 3 000 (1 200 selon la police) à défiler samedi à
l'appel du comité de soutien aux inculpés du 11 novembre. Une affluence
bien supérieure aux rassemblements ordinaires de la "mouvance" envers
laquelle Michèle Alliot-Marie a durci son dispositif depuis un an.

Pas mal de jeunes, dont quelques têtes déjà croisées du côté des autonomes au contre-sommet à Vichy,
à l'autonome. Beaucoup d'hommes. Mais aussi de vieux militants, anciens
gauchistes et des "non encartés". Un éditeur parisien, un jeune
journaliste venu en citoyen. La plupart motivés par l'enjeu des
libertés publiques.

Evelyne, 55 ans, enseignante à Tulle (Corrèze), était engagée dans
le Réseau éducation sans frontières (RESF). Avec l'affaire de Tarnac,
son sang républicain n'a fait qu'un tour. Elle a donc pris le car pour
monter jusqu'au jardin du Luxembourg et battre le bitume parisien,
mégaphone en main. (Voir la vidéo)




Direction Denfert-Rochereau pour passer à quelques dizaines de
mètres de la prison de la Santé, là même où est incarcéré le dernier
des "inculpés" encore en détention. Julien Coupat, 34 ans, est devenu
le symbole de l'injustice pour les jeunes autonomes. Alors qu'ils ont
justement en commun de se fédérer autour de l'anticarcéralisme, Coupat
est en détention préventive depuis le 11 novembre.

Boulevard Arago, d'où l'on apperçoit la prison, moment de
flottement: l'impressionnant dispositif de sécurité des CRS (dizaines
de cars, canons à eau...) suscite l'ire des manifestants : "Qui
provoque, vous pouvez me le dire ? Est-ce que c'est nous, qui
manifestons, ou bien eux, qui sortent leur artillerie comme si on était
super dangereux?".

Quelques fusées volent en direction des policiers. Une habitante du
quartier, plutôt chic, s'inquiète au retour de son shopping de savoir
si "tous ces jeunes vont être aussitôt fichés au pays des droits de
l'homme". Finalement, le cortège repart pour s'égayer non loin, à
Denfert-Rochereau.

Laurent, en phase avec des jeunes "qui essaient de vivre autrement"
Avec Tarnac, la mouvance autonome a le sentiment de populariser ses
mots d'ordre. Laurent, 44 ans, ouvrier bijoutier s'est senti
complètement en phase avec ces jeunes qui "essaient de vivre
autrement", comme il l'a fait à une époque. S'il se définit "de gauche,
bien sûr", il nourrit désormais une méfiance viscérale à l'endroit des
partis politiques classiques, structures « pyramidales ».

Un avis que partage, Jean-Jean, riverain de Rue89 croisé en début de manifestation, en train de distribuer avec son copain Xavier des tracts humouristiques de l'association anti-fasciste Scalp. Pour cet étudiant en écologie, la politique se fait en dehors des partis:
<blockquote>"Ce qui n'est pas satisfaisant avec les partis
politiques, c'est que cela se joue en terme d'échéance électorale, mais
le reste du temps, il ne se passe rien. Et puis, dans chaque parti, il
y a une ligne directrice, mais pas vraiment de liberté... La démarche
de José Bové, d'un rassemblement de tendances, était intéressante de ce
point de vue."
</blockquote>
On notera qu'aucune tête d'affiche de la gauche de la gauche n'a
pointé une moustache dans le carré de tête, réservé au comité de
soutien de Tarnac. Peur des sifflets? De la mécanique de la
radicalisation? Ambiguïté des causes défendues?

Jeudi 5 février, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) lancé par
Olivier Besancenot va pourtant officialiser en grande pompe sa
naissance. Mais à gauche, on se méfie toujours un peu des autonomes...


Suite ::

Sabotage SNCF: 8 policiers blessés, 15 interpellations dans une manifestation à Paris



Huit policiers ont été blessés samedi, dont deux ont dû être hospitalisés,
et quinze personnes ont été interpellées lors de la manifestation à
Paris contre les lois antiterroristes et en soutien aux mis en examen
dans l'enquête sur les dégradations de lignes TGV, a indiqué la
préfecture de police (PP). Lire la suite l'article


1200 manifestants à Paris pour Julien Coupat
Lire cette vidéo

Lors de cette manifestation entre la place Edmond Rostand (VIe) et la place
Denfert-Rochereau (XIVe), qui a réuni 1.200 personnes environ se
trouvaient parmi les manifestants "des anarchistes et
anarcho-autonomes" qui, sur le parcours ont procédé à des "tirs de
fusées", à des jets de "projectiles divers ainsi que de fumigènes"
visant les forces de l'ordre, a précisé la préfecture de police à l'AFP.
Ces échauffourées ont occasionné huit blessés dans les rangs des forces de l'ordre, dont deux ont dû être hospitalisés.Les
policiers ont procédé à quinze interpellations "en flagrant délit",
selon la PP, pour tir de fusées, outrage à agents de la force publique
ou détention de produits stupéfiants.
Les manifestants ont scandé
des slogans tels que "police partout, justice nulle part!", "libérez
Coupat (soupçonné d'être le chef du groupe à l'origine des dégradations
NDLR), enfermez (la ministre de l'Intérieur Michèle, NDLR)
Alliot-Marie!" ou "c'est l'Etat les terroristes!".
Beaucoup d'entre eux portaient des masques blancs avec l'inscription "terroriste".Des
incidents ont eu lieu lorsque le cortège est passé à proximité de la
prison de la Santé (XIIIe arrondissement), où est détenu Julien Coupat,
soupçonné d'être le chef du groupe à l'origine des dégradations contre
des lignes TGV et incarcéré depuis le 15 novembre, le seul encore en
détention.
Des tirs de feu d'artifice à l'horizontale, des jets
de projectiles et de fumigènes ont visé les CRS, qui maintenaient un
important cordon, avec grilles et canon à eau, pour empêcher les
manifestants de s'approcher de la prison, ont constaté des journalistes
de l'AFP.
Dans la manifestation parisienne, une banderole de la
fédération anarchiste proclamait "ne nous laissons pas terroriser par
l'Etat".
"L'Etat français prend des boucs émissaires et comme par
hasard c'est le mouvement libertaire anarchiste qui est visé", a
déclaré à l'AFP Hugues Lenoir, de la fédération anarchiste de Paris.
Le
cortège est arrivé sans autre incident place Denfert-Rochereau (XIVe
arrondissement), où a eu lieu la dispersion. Les derniers manifestants
ont été dirigés vers le métro par la police peu après 18H00.
A Bordeaux, quelque 200 personnes selon le comité
"Sabotons directement l'anti-terrorisme"
(SDAT, en référence au sigle de la Sous-direction antiterroriste) à
l'origine de la manifestation, 120 selon la police, ont défilé samedi
après-midi en soutien aux neuf mis en examen.
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coal

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