Chez Valeo, le salaire du patron ne connaît pas la crise

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Chez Valeo, le salaire du patron ne connaît pas la crise

Message  coal le Sam 17 Jan - 9:50






L'affaire
est en train de faire le tour du monde patronal. Mais il souhaiterait
certainement la régler dans la plus grande discrétion. Car au moment où
le gouvernement s'apprête à voler au secours du secteur automobile, au
moment où le Medef assure qu'il est en train de discipliner les
rémunérations patronales, l'affaire Valeo fait plus que désordre.


Depuis des années, l'équipementier automobile est en mauvaise forme.
La crise qui s'est abattue sur le secteur le fragilise encore un peu
plus. Mi-décembre, Valeo a annoncé une nouvelle réduction d'effectifs:
5.000 emplois, soit 10% de ses effectifs, doivent être supprimés dans
le monde. La mesure toucherait 1.600 personnes en France. Un nouveau
coup dur pour le groupe, qui en a déjà accusé beaucoup.



Ces efforts, semble-t-il, s'arrêtent au niveau de la direction
générale et de son président, Thierry Morin. Ce qui commence à émouvoir
un certain nombre de ses actionnaires. Colette Neuville, présidente de
l'Association des actionnaires minoritaires (ADAM), a adressé une
lettre au Medef, pointant les nombreuses anomalies qui existent chez
Valeo par rapport au code de bonne conduite sur les rémunérations
patronales, édicté le 6 octobre dernier.

Depuis trois ans, le président de Valeo s'est beaucoup augmenté. Son
salaire fixe est passé de 1,2 million d'euros en 2005 à 1,5 million en
2007. Soit 25% d'augmentation en trois ans. Son salaire fixe est
comparable désormais à celui des dirigeants des plus grands groupes du
Cac 40.

Cette forte augmentation de la part fixe de son salaire compense en
apparence la disparition de ses bonus. Car depuis trois ans, Thierry
Morin ne touche plus de part variable: le groupe d'équipements
automobiles, en difficulté, n'arrive plus à remplir ses objectifs.
D'année en année, il perd du terrain. En 2004, Valeo réalisait encore
250 millions d'euros de résultat net. En 2007, son bénéfice est tombé à
88 millions d'euros. Dans ce contexte, Thierry Morin semble avoir
préféré se contenter d'un salaire fixe révisé.




Un parachute sur mesure





Menacé à plusieurs reprises ces dernières années par les fonds
Pardus et Cerberus – entrés à son capital et qui contestaient sa
stratégie –, Thierry Morin semble avoir aussi pris ses précautions de
ce côté-là. Les recommandations du Medef sur les parachutes dorés
préconisent que ceux-ci soient limités à deux ans de salaire. Leur
versement doit être assorti de strictes conditions, liées à un départ
contraint.


Thierry Morin, comme le note le rapport annuel de Valeo, s'est fait
octroyer une prime de départ de trois années de salaire. De plus, ce
parachute doré peut lui être accordé sans grande restriction. Il peut
le recevoir s'il décide de quitter l'équipementier de sa propre
initiative, parce qu'il y a eu un changement de contrôle, une
modification dans le conseil, ou des divergences de vue sur la
stratégie.


Parallèlement, le PDG s'est vu accorder le bénéfice d'une retraite
complémentaire, constituée dans un fonds britannique, Valeo UK. Le
rapport annuel ne dit pas quel peut être le montant de cette retraite,
ni combien de personnes y sont affiliées dans le groupe.


Enfin, Thierry Morin, qui travaille chez Valeo depuis 1989 mais qui
n'a été nommé PDG qu'en 2003, pourrait prétendre aussi aux indemnités
qui sont liées à son ancien contrat de travail. Celui-ci a, toutefois,
assuré dans le passé qu'il n'était pas dans son intention de cumuler
les compensations acquises au titre de salarié et celles obtenues en
tant que mandataire social. Il semble assez aisé de deviner celles
auxquelles il pourrait renoncer.


Même sans ce cumul, l'addition de ces différents avantages et
indemnités commence à faire beaucoup. Le plus surprenant est que cette
situation ne paraît guère poser de questions aux administrateurs de
Valeo. Le 17 décembre, le conseil d'administration a indiqué, dans un communiqué, que «les recommandations AFEP-MEDEF sur la rémunération des dirigeants s'inscrivaient dans la démarche du gouvernement d'entreprise» de l'équipementier.

n'oublions pas que tout cela (branche automobile ) sera aidé par le plan de relance avec notre fric ... Exclamation Exclamation
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